Les Frères Campana : Barroco Rococó

, par François Dugny

Jusqu'au lundi 25 février 2013

La galerie d’actualité des Arts Décoratifs donne carte blanche aux frères Fernando et Humberto Campana, designers brésiliens célèbres pour leurs réalisations insolites, leurs détournements et recyclages d’objets.
Leurs créations éclectiques, iconoclastes et exubérantes ont pour toile de fond l’atmosphère vibrante de leur pays d’origine. Révélés grâce aux éditeurs italiens Edra, Fontana Arte et Alessi et à l’occasion de collaboration avec la Maison Bernardaud et Lacoste, ils sont devenus en quelques années les ambassadeurs incontestés du design brésilien.

Toutes les pièces (des lampes, des chandeliers, des tables ou des sièges) sont donc d’inspiration baroque, faites à partir de moulages en bronze doré d’éléments décoratifs anciens, puisant dans un répertoire iconographique des XVIIe-XVIIIe siècles. Ainsi, la torsion de la base de l’un des chandeliers est non seulement un élément formel du vocabulaire artistique des Campana, mais est également une référence directe au mouvement ascensionnel en torsion de nombreuses sculptures du Bernin dont celles de la Fontaine des Quatre Fleuves (1648-1651). Les éléments moulés sont ensuite « pervertis », selon l’expression des deux frères, pour aboutir à une création insolite utilisant des matériaux nobles comme le marbre de Carrare et le bronze. Ils cherchent à faire « de l’archéologie recomposée » à partir de ces éléments qui sont « désorganisés de façon à obtenir un collage personnel, un assemblage d’éléments recomposés en une forme nouvelle », parfois volontairement imparfaite, résultant de l’imagination foisonnante des Campana. Les pièces sont façonnées dans un atelier romain spécialisé dans le travail du bronze et du marbre et selon la plus pure tradition des techniques artisanales d’orfèvrerie. Chaque œuvre est produite en série très limitée. A propos de ce travail, les Campana se plaisent à dire : « Le vrai luxe est celui d’avoir l’opportunité de travailler sur des projets qui permettent de faire des prototypes sans devoir répondre aux exigences de l’industrie ».

Lien vers le Musée des Arts Décoratifs